Fouilles archéologiques : pour 6500 euros à son domicile

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Vaucluse/Ardèche | Quatre mois de prison avec sursis ont été requis contre un Cavaillonais de 32 ans
Un père de famille

Vaucluse/Ardèche | Quatre mois de prison avec sursis ont été requis contre un Cavaillonais de 32 ans

Un père de famille de 32 ans comparaissait hier devant le tribunal correctionnel d’Avignon pour avoir effectué des fouilles sans autorisation et cela pendant près de 4 ans dans le Vaucluse et l’Ardèche.

Avec un détecteur de métaux, le Cavaillonnais récupérait des pièces et des objets d’intérêt archéologique. Des objets qu’il avait l’habitude de ne pas déclarer à la Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC). Son cas a amené l’administration a porté plainte.

Lors la perquisition a son domicile, les enquêteurs retrouvent des objets aux origines antique et médiévale confirmées et des centaine de pièces, romaines notamment. Des objets souvent étiquetés et rangé au domicile du prévenu et dont le montant total a été estimé à 6500 euros. Sont également retrouvées des cartes archéologiques et des photos aérienne de sites.

Le prévenu se défend en indiquant qu’il s’agit d’une passion que lui a transmis son grand-père et qu’il voulait lui même transmettre à son fils. Une passion qu’il dit assouvir sur des terres agricoles. Sauf que le prévenu est également allé exercer ses talents dans d’autres lieux, plus sensibles notamment sur l’oppidum de Villelaure, un site archéologique récemment découvert.

“Il se mettait en scène avec des vidéos postées sur sa page facebook”, ajoute Me Anais Eraud, conseil de la DRAC. C’est d’ailleurs ces vidéos postés en ligne qui ont alerté la DRAC. “En Paca, ces deux dernières années, ce sont 25 000 objets qui ont été récupérés de façon illégale pour un préjudice de deux millions d’euros” a poursuivi Me Eraud.

“C’est atteindre au patrimoine, à la mémoire collective de la Nation”.

Abdelkrim Grini, pour le ministère public, souligne que “faire des fouilles archéologiques sans la moindre autorisation et sans faire de déclaration, c’est porter atteinte au patrimoine, à la mémoire collective de la Nation”. Il requiert une peine de 4 mois de prison avec sursis et 1 500 euros d’amende.

Pour la défense, Me Hélène Blanc, dit craindre que son client soit présenté comme “un pilleur” archéologique et qu’il endosse le rôle de “bouc émissaire” dans ce dossier sensible de fouilles faites par des amateurs. Elle plaide en faveur d’une condamnation à une simple peine d’amende avec sursis.

Le tribunal a mis sa décision en délibéré au 4 Juin.


J.-X.P./ Le Dauphine